On imagine le particulier qui demande un devis assis à son bureau, entre deux mails, un mardi à 10 h. La réalité mesurée est différente : il le fait sur son canapé, à 21 h 30, après avoir regardé une vidéo de toiture qui verdit ou de façade qui s'effrite.

47 %des demandes de devis arrivent en dehors de 8 h-18 h en semaine. 31 % entre 18 h et minuit, 16 % entre minuit et 8 h. Et 27 % tombent un samedi ou un dimanche.

Mesure Veqtor sur 1 283 demandes livrées à des artisans du bâtiment, relevée le 17 septembre 2026.

Ce n'est pas une curiosité statistique. C'est la raison pour laquelle une partie des demandes que vous payez ne deviendra jamais un rendez-vous.

Pourquoi le soir et le week-end

Une demande de devis issue d'une publicité Facebook ou Instagram n'est pas une recherche : personne ne tape « couvreur » à 22 h. C'est une réaction. Le propriétaire fait défiler son fil, tombe sur une vidéo qui parle de son problème, et remplit le formulaire dans la foulée, parce que le nom et le numéro sont déjà pré-remplis et que ça prend deux gestes.

Or les gens font défiler leur fil quand ils ont du temps : le soir, le week-end, pendant la pause du midi. Le pic que nous mesurons entre 21 h et 23 h n'a rien d'étonnant. Ce qui l'est plus, c'est le volume de nuit : une demande sur six arrive entre minuit et 8 h. Insomnie, travail de nuit, ou simplement un formulaire rempli à 0 h 30 avant de dormir.

Le canal produit donc des demandes sur des créneaux où un artisan n'est ni au bureau, ni disponible, ni même parfois réveillé. Il faut concevoir le traitement en partant de là, et non de l'horaire d'ouverture d'une entreprise.

Ce que ça coûte quand on rappelle le lendemain

Une demande reçue à 21 h 30 un vendredi sera, dans la plupart des entreprises, rappelée le lundi matin. Soit plus de 60 heures plus tard. Nous avons mesuré ce que devient un contact selon le délai de premier traitement.

Premier traitementContactsInjoignables
Moins d'une heure21319 %
Entre 1 h et 24 h50931 %
Plus de 24 h31242 %

1 034 demandes statuées par l'artisan, même base, même date. « Injoignable » = l'artisan a tenté d'appeler et n'a jamais eu la personne.

Le contact n'a pas changé de numéro entre vendredi soir et lundi matin. Ce qui a changé, c'est qu'il a oublié avoir rempli un formulaire, qu'il ne reconnaît pas le numéro qui l'appelle, ou qu'un autre artisan l'a déjà eu au téléphone. Passé 24 heures, quatre contacts sur dix ne décrochent plus. Nous détaillons cette courbe dans l'article consacré à l'injoignabilité.

Ce qu'il ne faut pas faire : rappeler à 22 h

La conclusion facile serait « rappelez immédiatement, même le soir ». C'est une mauvaise idée. Un appel d'un numéro inconnu à 22 h 15 est perçu comme intrusif, et le propriétaire qui vient de remplir un formulaire sur son canapé n'a pas envie de parler de sa toiture avec un inconnu à cette heure-là. Il voulait poser une demande, pas avoir une conversation.

Le bon réflexe n'est pas d'appeler, c'est d'accuser réception. Un message écrit, dans la minute, qui dit trois choses : la demande est bien arrivée, voici qui je suis, je vous appelle demain matin entre 8 h et 9 h. Ce message fait tout le travail que l'appel aurait fait, sans l'intrusion :

  • il crée le souvenir (« ah oui, j'ai demandé un devis ») ;
  • il donne un nom au numéro qui appellera le lendemain ;
  • il prend date, donc il occupe la place avant un éventuel concurrent ;
  • il permet au contact de répondre « plutôt l'après-midi », ce qui vaut déjà un premier échange.

Ce message ne peut pas dépendre de vous : à 22 h 15 vous ne le verrez pas, et à 6 h le lendemain il sera trop tard pour donner l'impression de réactivité. Il doit partir tout seul, à la réception de la demande.

Le week-end : la règle du samedi

Le samedi est le jour où l'on est le moins joignable et où les demandes continuent d'arriver. 27 % du flux tombe sur les deux jours du week-end, soit un peu moins que le prorata (deux jours sur sept feraient 29 %), mais bien plus que ce que traitent la plupart des entreprises, c'est-à-dire zéro.

Deux règles simples suffisent. Le samedi matin, quinze minutes pour rappeler ce qui est arrivé depuis vendredi 17 h : ces contacts sont encore dans la fenêtre des 24 heures. Le dimanche, l'accusé de réception automatique travaille seul, et les demandes sont rappelées lundi avant 9 h, dans l'ordre d'arrivée, en commençant par les plus anciennes. Ce n'est pas héroïque. C'est juste ce qui sépare 19 % d'injoignables de 42 %.

Comment nous le traitons

Chez nos clients, la demande est livrée sur WhatsApp en moins de cinq minutes, à toute heure, avec les réponses du formulaire (type de travaux, commune, propriétaire ou non, échéance). L'artisan reçoit une notification, pas un appel à passer. Il rappelle quand il peut, et son espace client garde la trace de ce que chaque demande est devenue. Les demandes qui restent sans statut au bout de quelques jours lui sont rappelées, parce que une demande sur quatre, sinon, ne l'est jamais.

Faut-il rappeler une demande de devis reçue le soir ?

Pas par téléphone. Envoyez un message écrit dans la minute qui accuse réception, donne votre nom et annonce l'heure de votre appel le lendemain. L'appel lui-même se fait le matin, dans la fenêtre annoncée.

Combien de temps a-t-on pour rappeler une demande de devis ?

Moins de 24 heures pour rester dans la zone où deux contacts sur trois décrochent encore. Au-delà, l'injoignabilité passe à 42 % dans notre mesure. Dans l'heure, elle tombe à 19 %.

Les demandes du week-end sont-elles moins sérieuses ?

Rien dans nos données ne le montre. Elles sont simplement rappelées plus tard, et c'est ce délai, pas le jour de la demande, qui fait chuter le taux de contact.