Le prix d'une demande de devis est le chiffre le plus opaque du métier. Les plateformes affichent un tarif à l'unité, les agences parlent de « coût par lead » sans jamais montrer le leur, et l'artisan n'a aucun moyen de savoir si 40 € c'est cher ou pas.

Alors voici les nôtres, mesurés et pas estimés. Sur les 30 derniers jours, nos comptes de couverture ont dépensé 7 017 € de budget publicitaire et généré 363 demandes de devis : 19,33 € la demande. Depuis janvier, ce sont 28 617 € de budget publicitaire suivis, sur 23 comptes.

Ce que ça donne concrètement à 30 € par jour

C'est le budget que nous recommandons pour démarrer, et il n'a rien d'arbitraire : à un coût constaté de 19 € la demande, 30 € par jour ramènent 1 à 2 demandes de devis par jour, soit 7 à 14 par semaine. C'est assez pour alimenter un planning sans noyer une équipe de deux ou trois personnes qui doit aussi rappeler tout le monde.

En dessous de 20 € par jour, la mécanique publicitaire n'a pas assez de volume pour apprendre correctement et le coût par demande monte. Au-dessus de 50 € par jour, sur une zone de 50 km, on commence à repayer les mêmes personnes — ce n'est pas la bonne façon de grandir.

La comparaison qui compte : générer ou acheter

Sur les plateformes de mise en relation, une demande de devis en toiture se paie couramment entre 40 et 100 € selon le volume de travaux annoncé. Mais le prix affiché n'est pas le prix réel, pour une raison simple : la même demande est vendue à plusieurs artisans. Vous ne payez pas un contact, vous payez un ticket d'entrée dans une course où deux ou trois autres entreprises rappellent le même particulier.

Le calcul honnête n'est donc pas « prix du lead » mais « prix du chantier signé ». Une demande achetée 60 € que vous partagez avec deux concurrents, transformée une fois sur dix, revient à 600 € le chantier signé — et vous n'avez rien construit : le mois suivant, vous repayez au même tarif.

Une demande générée sur votre propre compte publicitaire à 19 € vous arrive en exclusivité, et le compte, l'historique, les créations publicitaires et les données restent chez vous.

Les trois choses qui font vraiment bouger ce prix

La zone

Une zone dense et disputée coûte plus cher qu'une zone rurale, et une zone touristique en saison coûte deux à trois fois plus cher qu'à l'automne — parce qu'on y enchérit contre des annonceurs qui n'ont rien à voir avec la toiture. C'est le facteur numéro un, et il n'est pas négociable, seulement contournable par le ciblage.

Le nombre de publicités en vol

C'est le facteur le plus sous-estimé. Un compte qui ne fait tourner qu'une seule publicité s'use : la même vidéo, vue trois fois par les mêmes personnes, perd son efficacité et le coût par demande grimpe mois après mois. Les comptes qui tiennent leur coût dans la durée sont ceux qui ont toujours trois ou quatre créations en rotation, dont une nouvelle par mois.

La question de trop, ou pas assez

Un formulaire à une seule question ramène beaucoup de demandes bon marché, dont une bonne partie de locataires et de curieux — c'est-à-dire du budget dépensé pour des gens à qui vous ne vendrez jamais une réfection. Trois questions filtrantes bien choisies (propriétaire, nature des travaux, échéance) font monter le coût affiché de la demande et baisser le coût réel du rendez-vous. C'est le second chiffre qu'il faut regarder, jamais le premier tout seul.

Le chiffre qui remet tout à l'endroit

19 € la demande ne veut rien dire tout seul. Ce qui compte est le rapport avec ce qu'une demande rapporte. Sur nos comptes, le chiffre d'affaires remonté par demande livrée va de 29 € à 594 € selon les entreprises — même moteur, même coût d'entrée, vingt fois d'écart en sortie.

Autrement dit : à budget égal et à coût par demande égal, la rentabilité de votre publicité se joue à 90 % après la livraison de la demande, pas avant. C'est une bonne nouvelle, parce que cette partie-là, elle, dépend entièrement de vous.

À lire ensuite : combien rapporte vraiment une demande de devis et acheter des leads de couvreur ou générer les siens.